La
langue officielle du
Groenland est le
KALAALLISUT, c'est-à-dire
la langue Inuit de la côte
Ouest du Groenland. Les
médias et l’administration
utilisent aussi le Danois,
ancienne langue
officielle. Les journaux
sont souvent dans les deux
langues. Loin d'être figé
dans le passé, le
groenlandais est une
langue bien vivante et sa
littérature est en plein
essor. Un des écrivains
groenlandais les plus
connus, le poète Kristian
Olsen Aaju a publié une
anthologie de la poésie
saluée par l'association
des écrivains
groenlandais.
Trois langues Inuit sont
pratiquées au Groenland :
- Sur la côte Ouest :
Le Kalaallisut,
qui signifie « à la
manière des
Groenlandais », parlé
par environ 44 000
locuteurs
- Dans le district de
Thulé : l’Avanersuarmiutut
ou « eskimo polaire »
qui signifie « à la
manière des habitants
du nord », parlé par
environ 800 locuteurs
- Sur la côte Est : le
Tunumiisut, qui
signifie « à la
manière des habitants
de l’arrière du pays »
(tunu : dos) parlé par
environ 3500 locuteurs
Ces trois langues
appartiennent à la famille
des langues
Eskimo-Aléoutes, la langue
du continuum inuit qui
s'étend de la Sibérie
orientale à la côte Est du
Groenland. Elles
s’écrivent en alphabet
latin, à l’exception de
l’inuktitut des Inuit
canadiens qui utilise un
alphabet syllabaire.
Les langues inuit sont des
langues agglutinantes ou
polysynthétiques, en
quelque sorte un jeu de
construction où un mot se
construit en juxtaposant
des affixes à un radical,
pour former ce qui devient
une phrase. La
construction se fait dans
l'ordre inverse du
français. |
Voici un petit exemple de
vie courante : «Tu dois
bientôt commencer l'école»
se dit :
atuarfimmuliarattagaluarleppulit...
tout simplement !
Ce qui deviendra beaucoup
plus facile à prononcer
après un petit exercice de
structure :
Atuaq = apprendre
Fik = le lieu
En
clair
: atuarfik = l'école
Mut = en direction de
(mais le k suivi d’un m
devient mm)
liaq = aller vers
galuaq = devoir
qattar = avec régularité
leq = commencer à
Pu = mode indicatif
lit = deuxième personne
du singulier
littéralement :
école-vers-aller-régulièrement-devoir-commencer
à-tu
Certains termes sont
particulièrement précis,
ce qui rend le
« lexique » très
riche. Un exemple : il ne
faut pas confondre
« aariaat », le
harpon utilisé pour
chasser le phoque monté
sur la glace, avec
« itsuatuut »,
le harpon utilisé pour la
chasse au phoque à travers
un trou de glace.
Et voilà pourquoi cette
langue est si difficile à
apprendre !
Il existe quand même
quelques petits mots qui
nous sont familiers :
Kayak, qui s’écrit qajaq,
ou anorak qui s’écrit
annuraaq. |